La Chine de Chine

26 janvier 2012

Plus de citadins que de campagnards en Chine !

            Pour la première fois dans l’histoire de la Chine, le nombre de personnes habitant en ville à dépasser le nombre de personnes habitant à la campagne.

            D’après le « livre bleu sur la société chinoise en 2012 », publié par l’Institut de sociologie de l’Académie des sciences sociales, c’est en 2011 qu’eut lieu cette bascule d’une population urbaine de plus en plus importante - aujourd’hui en France, ce pourcentage de la population qui vit en ville tourne autour de 78 % - c’est dire si le potentiel d’expansion des villes en Chine est encore considérable. Dès aujourd’hui, beaucoup de villes chinoises sont titanesques en superficie, et d’ailleurs il est bien souvent difficile pour les autorités de fournir des chiffres précis sur la superficie de telle ou telle ville ; des chiffres existent bien, mais il est impossible de les confirmer ou de les infirmer, tant ces espaces se développent rapidement et souvent de manière anarchique, de même parce qu’aucunes limites, panneaux ou indicateurs de quelques sortes qu’ils soient ne viennent borner, délimiter ces territoires.

            Prenons quelques exemples pour illustrer ce gigantisme urbain. Pékin s’étendrait sur plus de 16500 km², selon les sources ; Shanghai fait plus de 6500 km² ; Canton s’étale sur plus de 7400 km². Ou alors des villes dites de second ordre, telle que Ningbo qui a une superficie de 9800 km², Nanjing et ses 6600 km², etc. Nous pourrions encore multiplier ces exemples qui montrent à chaque fois des espaces extrêmement vastes, car même si Shanghai est une ville plus petite que Pékin, elle n’en reste pas moins la ville la plus peuplée du pays, elle représente tout de même 62 fois la superficie de Paris intra-muros.

            Même ci cette tendance lourde d’un déplacement de la population vers les villes s’observe depuis de nombreuses années, il ne faut tout de même pas oublier le poids fondamental des campagnes et de la place qu’occupent ces personnes dans l’économie du pays.

            Une autre question se pose quand on évoque les populations urbaines et rurales, c’est la place encore très importante du livret de résidence (Hukou 户口) qui a une fonction particulièrement sécuritaire de contrôle des individus, et qui a encore aujourd’hui un impact très fort dans la vie des gens, plus particulièrement dans la vie des migrants ruraux. Par conséquent, la frontière qui distingue le plus souvent les ruraux des urbains est celle créée par le hukou. Car même si des migrants ruraux ont la possibilité de s’installer dans des grandes villes, leurs conditions de vie sont malheureusement très souvent des plus précaires, puisqu’ils ne peuvent obtenir que des emplois non qualifiés (et selon les villes, bon nombre d’emplois leur sont interdits), mal payés, dépourvus de toute protection sociale ainsi que des logements de fortune. Cette population corvéable à merci est méprisée par les habitants de ces grandes villes, et un slogan aujourd’hui résume parfaitement la manière dont sont perçus ces gens : 要农民工的劳动力不要农民工,要农民的土地不要失地农民 (Nous voulons la force de travail des ouvriers-paysans, nous ne voulons pas des ouvriers-paysans ; nous voulons les terres des paysans, nous ne voulons pas des paysans qui ont perdu leurs terres).

            Pour celles et ceux qui souhaiteraient prolonger la réflexion sur ce sujet, vous pouvez lire le numéro 4 de l’année 2010 de la revue Perspectives chinoises dont le dossier principal s’intitule « Les migrants ruraux : en marge des villes, un pont avec les campagnes ». Un numéro très riche qui examine de nombreuses situations de migrants à travers les disparités du marché du travail, des soins médicaux, etc.

 

Sources : 南方都市报 ; Perspectives chinoises.

Wangyoann

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06 janvier 2012

Vivre dans la pollution à Pékin.

Le numéro (15 décembre) de l’hebdomadaire Nanfang zhoumo 南方周末 titrait ainsi sa nouvelle enquête « 活在灰霾下 » (en pinyin : huo zai huimai xia) : vivre sous la brume sèche. Une enquête qui n’est pas pour nous rassurer sur la pollution en Chine. Elle nous fait plutôt froid dans le dos, alors que Pékin n’est pas la région la plus polluée du pays.

Commençons tout d’abord par quelques chiffres donnés par les journalistes (auteurs de l’enquête) : 41 malades atteints de problèmes respiratoires décèderaient chaque jour dans la capitale, et 59 autres atteints de maladies cardiovasculaires perdraient la vie en raison de la mauvaise qualité de l’air. Nous sommes ainsi à une bonne centaine de décès par jour uniquement due à la pollution, ce qui ferait sur une année plus de 35 000 morts, et ce exclusivement à Pékin !! Étant donné que nous avons une compréhension aujourd’hui un peu plus fine des statistiques à la chinoise, le véritable nombre de décès lié directement à la pollution est sans doute bien supérieur à celui-ci fourni par les autorités de la capitale.

 

Particules fines et moins fines :

Depuis quelques années, l’un des maux les plus graves de la capitale est cette brume sèche qui se forme et qui prend des proportions de plus en plus inquiétantes chaque année, en raison de l’augmentation discontinue de divers polluants, et tout particulièrement des particules en suspension : les particules dites PM10 (Particulate matter) qui ont une dimension inférieure à 10 micromètres. Des particules qui auraient tendance, selon les autorités de la ville, à diminuer depuis quelques années. Mais ce sont surtout les particules PM2,5 (particules inférieures à 2,5 micromètres) qui inquiètent les spécialistes, car elles sont particulièrement dangereuses pour la santé du fait de sa pénétration jusque dans les alvéoles pulmonaires ; les émissions de ces particules en revanche augmentent sans cesse ces dernières années.

 pollution_pekin

Source: 南方周末

Une guerrière féroce :

            En cette mi-décembre 2011, la brume enveloppe toute la capitale, se glissant dans chaque coin de rue, dans chaque véhicule et dans chaque maison. À chacune de ses attaques, de nombreux habitants sont pris par des toussotements, et dans les cas les plus graves, les malades doivent être hospitalisés.

            Depuis plusieurs années, les habitants et les autorités ont été excessivement optimistes envers ce phénomène, et ils ont négligés cet « adversaire » dénommé « brume ou nuage de pollution », un ennemi chargé de particules particulièrement nocives, puisque certaines d’entre elles ne s’arrêtent qu’au niveau du nez, d’autres vers la gorge, et d’autres encore s’immiscent jusque dans les poumons, entraînant chez les malades divers symptômes, et pour les populations les plus fragiles, une aggravation de leur état de santé. Même les professionnels qui étudient ce phénomène ne sont pas protégés, à l’instar du chercheur de l’Université de Pékin (Beida), Guo Song, qui étudie (avec son équipe) depuis 9 ans, dans la capitale chinoise, les particules présentent dans l’air. À chacun de leur déplacement dans les endroits les plus pollués de la capitale, ils ne portent aucun masque de protection.

            À l’opposé, nous avons l’exemple d’un certain Bei Zhicheng qui a pris très tôt conscience de la dangerosité de l’air qu’il respire. Sur un coup de tête, il a décidé d’acheter 7 appareils purificateurs d’air, puis il les a disposés dans son appartement, dans sa voiture et dans son bureau, il a ainsi dépensé plus de 1000 euros pour mieux respirer.

            Un second exemple de personnes qui tentent de se protéger est cette jeune mère de famille qui a un petit garçon d’un an et demi. Chaque matin, elle sort de son appartement pour promener son chien, cette sortie matinale lui sert ainsi à vérifier la qualité de l’air du jour. Après sa promenade, elle va sur des sites internet bien précis tels que celui de Zheng Yuanjie (郑渊洁) ou celui de Pan Shiyi (潘石屹) afin de recueillir des informations sur la qualité de l’air, puis en fonction des indices sur la qualité de l’air, elle décide de sortir ou non son petit garçon. D’ailleurs, ses amis venant de Shenzhen sont toujours étonnés à leur sortie d’avion, et ils lui demandent souvent : « qu’est-ce qui brûle à Pékin » ?

            Ces Chinois qui scrutent ce type d’information, et ceux qui s’équipent en matériels de purification d’air appartiennent, pour la plupart d’entre eux, aux gens qui ont une formation élevée, et qui ont bien entendu des revenus importants. Encore une discrimination entre ceux qui ont de l’argent, qui peuvent ainsi se protéger, et ceux qui n’en ont pas. Pour les plus pessimistes des chasseurs d’air pur, le choix est des plus radical : soit quitter la capitale, soit quitter le pays. Là encore, ce sont des « solutions » qui demandent de larges moyens financiers.

 

Petite prise de conscience tardive :

            Enfin dernier exemple, c’est celui d’un professeur à l’université de Princeton, Steven Q. Andrews, qui réside régulièrement à Pékin et qui en raison d’une trop forte pollution de la ville est obligée de retourner aux États-Unis se « refaire une santé » après un séjour prolongé dans la capitale chinoise. Un jour, lorsqu’il se trouvait à Los Angeles, l’une des villes des États-Unis où l’air est le plus pollué, ce jour-là justement, il y eut un immense incendie de forêt. Il a relevé l’indice de la qualité de l’air à Los Angeles, ce chiffre correspondait à l’indicateur « bonne qualité » de l’air pour la ville de Pékin !! C’est dire le fossé immense qui existe entre les normes chinoises et les normes étrangères dans l’évaluation de la qualité de l’air.

L’ambassade des États-Unis a installé en 2008 à Pékin un capteur pour mesurer la qualité de l’air. Jusqu’en octobre 2011, les résultats de ces mesures n’étaient divulgués que dans un cercle très restreint ; ce n’est que le 22 octobre 2011, grâce au promoteur immobilier Pan Shiyi, que ce chiffre a été mis à la disposition de tous, sur son blog. Un blog qui a tout de même une certaine influence en Chine, puisqu’il aurait plus de 7 millions de fans ! C’est de là que le public a commencé à s’intéresser aux PM2,5.

 

Des statistiques chinoises toujours biaisées !

           En 2006, le professeur Steven Q. Andrews a mené des recherches sur la pollution de l’air à Pékin. En 2008, il fit une découverte surprenante : les autorités de la ville avaient fermé les deux plus importantes stations de contrôle de la qualité de l’air dans le centre-ville ! À la place, ils ont décidé d’installer de nouvelles stations au-delà de la 6e couronne de la banlieue de la capitale !! Par conséquent, les autorités pouvaient se targuer d’avoir enrayé l’augmentation de la pollution, et en effet les indices de pollution diminuaient et le nombre de jours « bleu » augmentait grâce à ce stupide subterfuge. La manœuvre a été répétée à plusieurs reprises sur d’autres stations installées à l’origine près d’endroits très pollués, de nouvelles stations ont été déplacées en banlieue où l’air est de meilleure qualité.

            Le professeur Steven Q. Andrews a visité plus d’une cinquantaine de pays, il dit qu’il n’y a que l’air de la capitale de l’Éthiopie, Addis-Abeba, qui soit aussi pollué que Pékin.

            Depuis quelques années, certains Chinois ont pris conscience de ces problèmes de santé publique. D’autant que la principale difficulté n’est pas d’ordre scientifique, mais c’est une question fortement liée à la loi et surtout à l’application des règlementations en vigueur. Par conséquent, en Chine, il s’agit avant tout d’une question et d’une volonté politique. Pour le moment, le gouvernement chinois ne fait preuve d’aucune volonté pour lutter efficacement contre ces émanations mortelles, et n’oublions pas, par exemple, que les bouchons dans la capitale font régulièrement la une des journaux chinois, peut-être y aurait-il là moyen de diminuer les émissions de particules ?

 

Source : 南方周末

Wangyoann

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29 décembre 2011

Le plus grand complexe d’exposition du monde sera à Shanghai !

            Le projet a été dévoilé dès 2009, où le ministère du Commerce et la ville de Shanghai ont lancé en commun une étude pour la construction d’un immense complexe d’expositions. Le 9 janvier 2011, les parties prenantes au projet ont signé un accord de coopération pour la construction de ce complexe. Enfin, toutes les autorisations de construction ont été obtenues au début du mois de décembre 2011, et la cérémonie d’ouverture des travaux s’est déroulée le 26 décembre en présence des bigs boss de la ville, le maire de la ville de Shanghai, Han Zheng (韩正) et le secrétaire du parti de la ville, Yu Zhengsheng 俞正声, entre autres.

             La surface intérieure de cet immense bâtiment devrait être de 400 000 mètres carrés, et plus de 100 000 mètres carrés d’exposition en extérieur. Si tout se passe sans encombre, la construction devrait s’achever à la fin de l’année 2014. Un projet démesuré qui aura un coût total, d’après les officiels chinois, entre 15 et 20 milliards de yuan, soit entre 1,8 et 2,4 milliards d’euros ; ceci sans compter les détournements, les pots-de-vin et toutes les joyeusetés de la corruption.

            Le Complexe aura la forme originale de quatre feuilles. Ce qui rendra ce complexe unique se sera sans nul doute ses dimensions qui en feront le complexe le plus grand du monde, il équivaudra à 3 fois la taille du nouveau centre d’exposition international de Shanghai qui s’étend sur 125 000 mètres carrés, un centre inauguré fin 2001. Il occupera la première place au monde, juste devant le complexe d’expositions de Hanovre qui propose jusqu’à 490 000 mètres carrés d’expositions.

            Le président du conseil d’administration de la société (à responsabilité limitée) des expositions de Chine, Wang Zhiping, a indiqué que ce nouveau complexe devrait tirer le PIB de la ville d’environ 33 milliards de yuan, soit près de 4 milliards d’euros. Les travaux et la gestion du site permettront, en outre, de faire travailler des dizaines de milliers de personnes.

            Les activités concrètes prévues dans cette immense structure seraient l’organisation de deux cessions annuelles, en été et en hiver, de deux expositions sur la Chine, et des expositions importantes telles que sur l’automobile, l’électronique ou encore sur l’ameublement. Puis d’attirer, dans un second temps, des expositions en provenance de l’étranger.

            Toutefois, l’une des questions que l’on peut se poser devant un projet de cette envergure est : les expositions qui y seront organisées attireront-elles les visiteurs ? A priori oui, puisque la Chine est sous dotée de tel bâtiment capable de créer des expositions, mais aussi capable d’accueillir des foires internationales.

    Shanghai est la ville qui possède le plus de salles d’expositions du pays ; ses sites ont en moyenne un taux de location supérieur à 60 %, bien supérieur aux sites en Chine qui est d’environ 25 %, et également supérieur aux 35 % des complexes d’expositions internationaux.

 expo

Source: 东方早报

 

Sources : 东方早报 (dongfang zaobao) ; 和讯新闻 (Hexun xinwen)

Wangyoann

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07 octobre 2011

Décembre le retour.

Bonjour à toutes et à tous,

 

J'ai été particulièrement occupé ces derniers mois, ce qui m'a obligé, malheureusement, à délaisser mon blog. Mais je reviendrai courant décembre avec des textes tout aussi fort sur cet immense pays que j'aime : la Chine. Mon fil conducteur n'a pas changé d'un pouce (s'il y en a un !), donc si vous souhaitez lire des textes louangeurs sur ces pourris de hauts fonctionnaires chinois, ou si vous escomptez lire des sujets "positifs" envers la Chine tout simplement pour faire plaisir aux "positivistes" béants, autant aller voir ailleurs (de nombreux autres sites vous proposent déjà des dithyrambes endiablés sur le paradis chinois), car vous n'en trouverez aucun sur mon blog.

Je vous dis à bientôt.

 

Wangyoann

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02 avril 2011

Quelques informations cette semaine sur la Chine.

 

Fin de l’aide du Royaume-Uni à la Chine :

            Le Royaume-Uni vient tout juste d’annoncer qu’il arrêtait de verser son aide financière à la Chine. Le dernier plan qui a été mis en place par le gouvernement britannique portait sur les années 2006-2011, arriver à son terme cette année, cette aide financière a tout simplement été supprimée. Le montant total de cette aide au développement durant ces cinq années fut de 105 millions de livres sterling (soit un peu plus de 119 millions d’euros). Depuis les Jeux olympiques de Pékin en 2008, de nombreux pays avaient déjà arrêté, ou diminué leur aide au développement pour la Chine : à l’instar du Japon et de l’Allemagne.

 

Domaine de la construction :

            La Chine est devenue en 2010 le pays qui construit le plus d’habitations ! Le développement fulgurant des constructions et l’envolée du prix de l’immobilier ont permis à la Chine de devenir le premier pays en terme d’investissement dans la construction : des investissements totaux s’élevant à plus de 1000 milliards de dollars (environ 708 milliards d’euros). Les États-Unis sont donc passés à la seconde place avec des investissements de 983 milliards de dollars (environ 695 milliards d’euros). Aujourd’hui, les nouvelles constructions immobilières en Chine représentent 14 % des chantiers mis en route dans le monde. Et ce chiffre devrait atteindre les 20 % à l’horizon 2020. Enfin bon, si la bulle immobilière chinoise actuelle éclate d’ici là, il ne fait aucun doute que le parc immobilier chinois perdra beaucoup de sa valeur, et les chantiers de construction chuteront très fortement.

 

Le nombre de milliardaires chinois en forte hausse !

            Le classement Forbes des plus grandes fortunes de la planète a été publié au début du mois de mars. Une fois encore, le nombre de Chinois milliardaire entrant dans ce classement est en hausse : de 64 en 2010, ils sont 115 en 2011. Le plus fortuné de l’armada chinoise reste de PDG du moteur de recherche chinois Baidu. Les années 2010 et 2011 ont été et seront un bon cru pour les Chinois les plus riches.

 

Source : 凤凰周刊

Wangyoann.

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29 mars 2011

Nouveau classement des « meilleures » universités chinoises.

 

            Depuis maintenant 9 ans, le site internet de l’amicale des écoles de Chine et le Journal pour la recherche d’emploi du 21e siècle sont associés pour présenter un classement annuel des « meilleures » Universités chinoises.

            La note globale obtenue par chaque université est calculée selon 3 critères : la recherche, la formation et la notoriété de l’Université. Le mélange de ces 3 résultats donne une note globale sur 100.

            Depuis quelques années, le classement est dominé par les Universités pékinoises Beida (diminutif de Beijing Daxue 北京大学, l’Université de Pékin) et Qinghua (清华大学, l’Université de Qinghua), talonnées ensuite par les Universités de Shanghai : Fudan (复旦大学) et Jiaotong (交通大学, l’Université des télécommunications). Qu’en est-il pour ce nouveau cru 2011 ?

            Commençons par la cinquième université du classement : l’Université de Nanjing (南京大学). Peut-être la moins connue des universités citées précédemment, il n’en reste pas moins qu’elle est considérée comme une grande école en Chine continentale, elle s’offre même le luxe de passer juste devant l’Université des Télécommunications, Jiaotong, de Shanghai. L’Université Jiaotong prend ainsi la sixième place. Quelques mots au sujet de l’Université des Télécommunications, puisque c’est cette Université qui présente elle aussi chaque année un classement : le classement des meilleures Universités du monde ! Éclaircissons un point pour ces béotiens qui font de ce classement, soit « le classement de Shanghai », soit le classement de « l’Université de Shanghai » ! NON et NON !! Ce serait faire le même rapprochement idiot si par exemple l’Université Dauphine ou HEC réalisaient leur propre classement des meilleures universités, et que par simplification de langage, nous parlions de « classement de Paris » ou du « classement de l’Université de Paris » !! Donc le classement réalisé par l’Université Jiaotong est le classement de l’Université Jiaotong (ou de l’Université des Télécommunications), mais en aucun cas il ne s’agit du « classement de Shanghai » ou du « classement de l’Université de Shanghai ».

            La quatrième université de Chine en 2011 serait l’Université Fudan (复旦大学) à Shanghai. Fudan est sans aucun doute la plus célèbre et la plus prestigieuse université de la ville, car l’histoire de l’université coïncide étroitement avec l’histoire de la ville. C’est également une des plus anciennes Universités de Chine puisqu’elle a été créée en 1905.

            La troisième université du classement est une grande surprise : l’Université du Zhejiang (浙江大学). Nous devons bien avouer que nous n’avions jamais entendu parler de cette université auparavant ; d’un autre côté, nous nous rassurons avec les réponses de nos amis chinois qui pour beaucoup d’entre eux ignoraient l’existence de cette Université, et qui ignoraient donc sa place si élevée dans le classement des « meilleures » Universités de Chine !

            Enfin, les deux premières places du classement sont occupées par les Universités Qinghua et Beida. Cette année encore, les 2 Universités pékinoises se placent en tête du classement des meilleures universités chinoises, avec dans l’ordre Qinghua : seconde université du classement. Par conséquent c’est l’Université Beida qui serait la « meilleure » Université de Chine !

            Pour tempérer quelque peu l’importance de ce classement, il suffit de relire les 3 critères de notation : la recherche, la formation et la notoriété de l’Université. Si nous ne prenons que ce dernier critère : notoriété de l’Université, nous constatons que l’Université du Zhejiang serait plus connue, plus renommée que l’Université Fudan !! Ce qui est tout simplement une aberration pour les gens qui connaissent un peu le monde de l’Université en Chine. Alors que vaut en réalité ce classement : sûrement pas grand-chose, mais elle renforce année après année la « célébrité » des Universités pékinoises et Shanghaiennes.

 Capturer

Classement des "meilleures" Universités de Chine (Source 搜狐)


Sources : Sohu (搜狐) et 红网教育

Wangyoann.

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24 mars 2011

Décidément la province du Guandong a du mal à recruter !

 

            De nombreux entrepreneurs chinois le constatent chaque année, la main d’œuvre se fait de plus en plus rare dans la province du Guangdong, une des provinces qui emploient le plus de personnes en Chine. Ce phénomène est surtout visible après le Nouvel An chinois, car durant ces vacances, les plus longues de l’année en Chine, de très nombreux travailleurs migrants retournent dans leur province d’origine pour revoir leur famille. Est-ce une fois loin de leur usine que ces travailleurs prennent conscience de leur état de semi-esclave pour qu’ils refusent de retourner dans leur usine et continuer à vivre une vie de merde ? Peut-être, car les chiffres sont là pour prouver une hémorragie de bras (métaphore !) qui s'accentue chaque année.

            Il manquerait ainsi aujourd’hui pas moins de 300 000 personnes pour occuper les postes laissés vacants, car même si les salaires ont déjà augmenté de près de 10 % cette année dans la province du Guangdong, le « petit personnel » reste quand même très volatile. Les postes vacants seront quand même pourvus dans les quelques mois à venir, mais cette situation s’aggravant chaque année, tôt ou tard les usines de la région du Guangdong manqueront de personnel, à ce moment-là, les salaires feront sans aucun doute un sacré bond en avant, une bonne nouvelle pour les millions de travailleurs chinois.

            Par exemple, de nombreux restaurants sont en manque de personnel, si un grand restaurant a besoin de recruter une vingtaine de personnes, les responsables du restaurant en question peuvent se sentir satisfaits lorsqu’ils peuvent en recruter une dizaine ! Et les exemples de ce genre peuvent être multipliés, car les contrats de travail en Chine sont bien plus simples qu'en France. Autre exemple, une entreprise de logistique cherchait à recruter des chauffeurs poids lourds. En un après-midi, une seule personne avait remis son C.V. ; pourtant, le salaire promis dans l'annonce était compris entre 7000 et 10 000 yuan (soit de 790 à 1125 euros) ! Alors pourquoi les chercheurs d'emploi sont-ils si peu intéressés par ce type d’offres ? Tout simplement parce que les postulants savent que les exigences de travail seront très élevées, comme « courir » à Pékin, à Shanghai, à Canton, etc., c'est-à-dire une charge de travail incompatible avec une vie privée.

            La situation sur le front du travail pour la main-d'œuvre qualifiée et expérimentée est encore plus tendue, puisque cette main-d'œuvre est formée et possède une bonne expérience de travail, leur salaire augmente régulièrement de manière plus ou moins importante selon la spécialisation de chacun. En tout cas, pour garder cette main d’œuvre dans leurs usines, les patrons leur accordent régulièrement des augmentations de salaire, ainsi que des primes généreuses. Mais il faut bien constater que le salaire de base en Chine est encore très bas ; en lisant les affiches de boutiques qui recrutent du personnel, les salaires d’embauche proposés aujourd'hui oscillent entre 1400 et 2500 yuan par mois à Shanghai, soit entre 160 et 280 euros, ce qui est bien peu aujourd’hui pour vivre dans une mégalopole comme Shanghai.

 

Source : 南方都市报

Wangyoann.

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16 mars 2011

Actualité récente : Japon et fin de la kermesse du PCC.

 

            La presse chinoise a focalisé toute son attention ces derniers jours sur deux événements : le tremblement de terre au Japon et la fin de la kermesse du parti communiste chinois à Pékin.

            Commençons par la fin de la kermesse du PCC. Comme toujours, des débats passionnants se sont déroulés dans l’enceinte de l’Assemblée Populaire. Les plus hauts personnages de l’État ont récité leur habituel baratin : harmonie, lutte contre la corruption, maîtrise des prix de l’immobilier, maîtrise de l’inflation, etc.

            Mais cet événement a très rapidement été éclipsé par le tremblement de terre au Japon. Dans la presse écrite comme sur la chaîne chinoise d’informations en continu (CCTV), les journalistes chinois ne parlent (aujourd’hui encore) que des événements survenus au Japon : séisme, tsunami et éruption volcanique. Ces catastrophes en série ne sont pas pour rassurer les pays se situant non loin du Japon.

            Ce qui inquiète les populations, c’est le risque qu’un tel accident nucléaire puisse également se produire sur leur propre territoire. La Chine est particulièrement visée, car n’oublions pas le terrible tremblement de terre qui frappa la ville de Tangshan (dans la province du Hebei, à moins de 150 km de la capitale : Pékin) en juillet 1976, qui fit environ 250 000 morts d’après les autorités, et plus de 700 000 morts selon des sources non officielles. Les risques ne sont donc pas négligeables concernant la capitale chinoise, puisque des centrales ont été installées dans les provinces du Liaoning et du Shandong.

             Quelques chiffres maintenant sur l’importance grandissante du nucléaire en Chine. Le 12e plan quinquennal (2011-2015) a validé la construction de 34 nouvelles centrales nucléaires, auxquelles s’ajouteront les 13 centrales nucléaires déjà en fonctionnement (chiffres qui proviennent du site du Quotidien du Peuple en français et disponible à l’adresse suivante : http://french.peopledaily.com.cn/Economie/7260159.html). Aujourd’hui, un pays comme la Chine, qui disposera à l’horizon 2020 de 47 centrales nucléaires, ne peut pas négliger les risques d’un tremblement de terre majeur qui pourrait endommager les structures de ses centrales et provoquer des destructions d’une extrême gravité.

            Pourtant, la Chine n’est pas du tout préparée à affronter un séisme majeur, les bâtiments ne répondent à aucune norme antisismique, et les habitants des zones à fort risque ne s’entraînent à aucun exercice d’urgence ; les conséquences, comme nous le prouve malheureusement l’histoire, pour les populations vulnérables sont inévitables, à l’instar du séisme meurtrier de 2008 dans la province du Sichuan : des centaines de milliers de morts et de blessés ainsi que des millions de sans-abris.

            Mais qui cela peut-il intéresser, puisque ce ne sont que de pauvres gens, sans argent et sans pouvoir, qui sont les grandes victimes de toutes ces négligences. Il suffira ensuite aux autorités chinoises « d’harmoniser » les personnes qui demanderont des comptes aux responsables, puis quelques mois plus tard, enfin « harmoniser », la vie reprendra son cours.

            Toutes nos pensées vont bien entendu aux familles des victimes du séisme.

 

Sources : presse chinoise écrite, Quotidien du Peuple en français, etc.

Wangyoann.

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07 mars 2011

« Le Nouveau Temple de Shaolin » : une daube cinématographique ?

 

           Nous avions déjà évoqué les moines de Shaolin dans un texte précédent, nous n’y revenons pas, mais l’aspect financier est l’un des éléments importants qui avaient attiré notre attention ; de plus, c’est cette avalanche d’argent sur le temple de Shaolin qui a permis au C.E.O., où au « big » boss du temple, de Shaolin d’en sortir suffisant pour s’offrir une belle campagne de propagande (oh pardon, une grande campagne de publicité). Nous avions également rapporté les revenus du temple qui s’élevaient à plusieurs entre plusieurs dizaines à plusieurs centaines de millions d’euros par an. Des revenus bien entendu gérés et dépensés dans une opacité digne d’une mafia ; la mafia des moines chinois ?

            La nouvelle campagne de publicité des moines de Shaolin se fait par l’intermédiaire d’un énième film (et nous ne comptons pas les innombrables séries bébêtes sur le temple) sur les « pouvoirs extraordinaires » des moines, leur sens de l’honneur, et toutes les fadaises du même genre ! Les Chinois eux-mêmes en ont par-dessus la tête !

            Revenons toutefois au film lui-même. Deux mots pour le résumer : du sang. Les amateurs d’hémoglobines vont être servis dans ce film, car les scènes où coule le sang ne manquent pas. Mais ce qui est relativement embêtant pour ce genre de film, qui réuni pourtant une belle brochette d’acteurs chinois : Cheng Long (Jackie Chan), Liu Dehua (Andy Lau) ou encore Xie Tingfeng (Nicholas Tse) et Fan Bingbing, de véritables stars ici en Chine, le problème : l’épaisseur du scénario. On peut donc dire que le casting en impose et nous devons l’avouer, les acteurs jouent plutôt bien leur rôle. Le problème vous l’aurez compris, c’est un scénario d’une nullité consternante !! Pouvait-on s’attendre à autre chose d’un film qui succède, comme nous l’avons déjà dit, à de nombreux films et à de multiples séries sur un temple qui gère et digère tant d’argent ?

            D’un scénario lilliputien viennent se greffer des erreurs grossières qui gâchent encore plus un film qui ne se fera pas remarquer aux Oscars (ni aux Césars d’ailleurs) ; un exemple parmi d’autres : la course poursuite qui voit Liu Dehua (général de l’armée contrôlant la région de Dengfeng, non loin du temple de Shaolin) fuir ses troupes suite à la prise de pouvoir de l'armée de Liu Dehua par son commandant en second. Installé sur une calèche, Liu Dehua tente d’échapper à ses poursuivants, au bas mot une dizaine de calèches avec au moins 2 personnages pas trop fréquentables à son bord. L’un des poursuivants lance sa hache en direction de la calèche de Liu Dehua, bien entendu elle se plante juste devant lui, mais Liu Dehua, le héros du film, s’empare de cette hache, la jette derrière lui, et là c’est la bérézina chez les poursuivants, puisque ce sont presque toutes les calèches qui se renversent !! Une seule arrive quand même à suivre Liu Dehua sur un chemin étroit !!! Il arrive à s’échapper, puis à rejoindre le temple de Shaolin. Tout simplement du grand n’importe quoi.

            Nous n’allons pas raconter la fin du film ; mais le terrible Liu Dehua du début du film devient moine de Shaolin, et on voit clairement là qu’il récite et psalmodie la bonne parole du temple : amen. Ne parlons pas de la fin tout aussi abracadabrantesque, où Liu Dehua meurt entre les jambes du Bouddha du temple de Shaolin, etc., etc.

On se dit après la vue de ce navet : mon dieu, mais quelle nullité ce film. Une campagne de pub qui a tout de même coutée une fortune, comme les moines ne paient pas d’impôts, et qu’ils perçoivent dans le même temps des revenus atteignant plusieurs centaines de millions d’euros par an, une dépense comme celle-ci ne paraîtra pas dans leur compte ; de toute manière tiennent-ils leur compte ? Alors quelques millions d’euros dépensés ici ou là, tant que cela sert à mieux faire connaître le temple afin d’attirer encore plus de monde dans leur temple business et engranger encore plus de fric, les moines trouveront (surtout leur big boss, Shi Yongxin, qui a reçu comme cadeau tout récemment un superbe 4X4 hors de prix !) tout leur intérêt. Eh oui, les moines en Chine ne se contentent plus de faire des prières, ils organisent eux-mêmes leurs business. Combien s’en mettent-ils dans leurs poches ? Aucune idée, mais dans quelques années, il ne serait pas étonnant de voir quelques patrons de temple croisés le fer au plus haut sommet de la liste des milliardaires chinois ! Vous avez dit morale-éthique, des mots trop anciens dans la langue chinoise pour qu’ils soient encore compréhensibles aujourd’hui.

 

Wangyoann.

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27 février 2011

Shanghai : plus de 20 millions d’habitants ?

 

            Depuis l’année dernière, un vaste recensement de la population a été mis en place par les autorités chinoises, il s’agit en fait du 6e recensement national depuis l’arrivée des communistes au pouvoir en 1949. Des millions d’espions, pardon d’enquêteurs, sont donc partis à l’assaut des maisons et des immeubles de toutes les villes de Chine. Les chiffres officiels seront publiés au milieu du mois d’avril, mais quelques chiffres ont déjà filtré dans la presse, et ceux-ci donnent le tournis.

            En novembre de l’année dernière, le professeur Ding Jinhong, du centre de recherches sur les populations, avait déjà évoqué que « le nombre de personnes enregistré à Shanghai est de 23 millions », réparti de la manière suivante : « 14 millions de personnes ayant un hukou shanghaïen, et plus de 9 millions de personnes sont dans une situation instable ».

            Les statistiques, non officielles, concernant la ville de Shanghai surprennent beaucoup de monde par l’ampleur de l’augmentation des « résidents réguliers », car à ce chiffre, il faut rajouter les millions de personnes qui vont et viennent à Shanghai, une population qui échappe donc aux statistiques.

Nous pouvons le constater sur le graphique ci-dessous, l’augmentation aurait été de plus de 5 millions de personnes entre 2005 et 2010, pour atteindre aujourd’hui une population totale de 23 millions d’habitants ? Cette progression extrêmement rapide est beaucoup plus élevée qu’à Pékin. La population flottante des nongmingong est sans doute encore plus importante, il y aurait ainsi une population totale à Shanghai comprise entre 25 et 30 millions d’habitants !! Mais en fin de compte, ces chiffres sont-ils vraiment étonnants pour des gens qui habitent dans cette mégapole, la réponse est : oui et non. Tout d’abord non, car l’avantage d’habiter en banlieue est de percevoir l’avancer, l’empiètement de nouvelles constructions sur des terrains encore vierges il y a encore quelques années ; de plus, quand les Chinois décident de construire sur un terrain, ils n’y bâtissent pas une ou deux tours, ce sont la plupart du temps des dizaines de tours qui fleurissent ! D’un autre côté, ce chiffre de 25 ou 30 millions de personnes est assez effrayant, car cela correspondrait à 12 fois environ, la population de notre capitale, Paris. Ça donne un peu le vertige.

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Source: Sohu (progression de la population à Shanghai en dizaines de milliers de personnes)


Source : 搜狐

Wangyoann.

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