Exemple 2 : le temple Lingyin (灵隐)

 Le temple Lingyin est situé dans la ville de Hangzhou (province Zhejiang, non loin de Shanghai), chaque année son « aura » s’étend rapidement en Chine. Aujourd’hui, plus de 50 % des revenus de ce temple proviennent des billets d’entrée. En 2001, ces revenus s’étaient élevés à 40 millions de yuan (soit 4,4 millions d’euros environ). Grâce au « succès » grandissant du temple, se traduisant automatiquement par une forte augmentation des ventes de billets d’entrée, les responsables du temple ont donc décidé d’augmenter le prix du billet, le faisant passer de 10 à 30 yuan. En 2004, le nombre de personnes ayant visité le temple était supérieur à 5 millions, l’opération est des plus simple pour savoir combien ils ont « gagné » cette année-là : 150 millions de yuan (16,5 millions d’euros environ). D’après des responsables politiques de la région et des responsables du temple, le temple serait prêt à accueillir plus de 7,5 millions de visiteurs par an, permettant aux responsables du temple et aux responsables politiques de la région de gagner plus de 220 millions de yuan (soit plus de 24 millions d’euros). Car, bien entendu, les « bénéfices » sont partagés entre voyous, c’est bien connu ! Ne sont pas comptabilisés, comme pour le temple de Shaolin, ni les dons en argent ni les dons matériels !

 Nouvelle question : que peuvent-ils bien faire de tout cet argent ?

 

Situation des petits temples :

 Nous pourrions nous dire que les temples importants sont ceux qui reçoivent le maximum d’argent, et les faits confirment cette impression. Mais, les petits temples, par exemple dans les provinces du Jiangsu et du Zhejiang, ne font pas payer de billets d’entrée, cette pratique attire donc de nombreux croyants des grandes villes alentours tels que Shanghai et Hangzhou, mais en « compensation », ils font payer au prix fort les cérémonies religieuses [ne connaissant pas très bien les religions chinoises, nous vous renvoyons par conséquent sur des ouvrages spécialisés pour un éclairage bien plus pertinent sur ces questions de cérémonies].

 En effet, par exemple le temple Guanghua (广化), à Pékin, à une tarification des plus claire allant de 500 à 40 000 yuan (de 55 à 4 400 euros) répartit de la manière suivante : une demi-heure de rite pour les morts (pour qu’ils ne viennent pas troubler les vivants…) est facturée 5 000 yuan (550 euros environ) ; 4 heures de récitation de soutras sont elles facturées 8 000 yuan (880 euros) ; 7 jours où des moines récitent des soutras dans la demeure de la famille de la personne décédée, ce service est facturé quant à lui : 40 000 yuan (4 400 euros) !!

 Par conséquent, de nombreux temples se sont spécialisés dans les services décrits ci-dessus (cérémonies funéraires, récitations de soutras...), rien d’étonnant alors à ce que les temples chinois, petits ou grands, soient encore plus riches d'une année sur l'autre.

 Et notre question réapparaît : mais que font-ils de tout cet argent ?

Wangyoann.